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Crédits photo : Thesupermat (Wikimedia Commons - CC)

Ce qu’est le terrorisme – Mise au point à destination des éditorialistes

Coup sur coup, Daech vient de revendiquer deux attaques. L’une survenue dans la nuit de samedi à dimanche dans une boîte gay à Orlando aux Etats-Unis, faisant 49 morts et 53 blessés, l’autre en France dans les Yvelines, faisant deux morts : un policier et sa femme, laissant orphelin leur enfant de trois ans.

Voilà ce qu’est le « terrorisme ».

Ces attaques surviennent moins de trois mois après les attentats survenus en Belgique qui ont fait 35 morts et 360 blessés, elles surviennent moins d’un an après les attaques du Bataclan et de Saint-Denis qui ont fait 130 morts et 413 blessés sur notre sol, elles surviennent un an et demi après les attaques de janvier 2015 qui ont fait 17 morts et décimé l’essentiel de la rédaction de Charlie Hebdo.

Voilà ce qu’est le « terrorisme ».

Encore n’ai-je parlé ici que des attaques qui, par leur ampleur et par leur localisation, ont connu le plus grand retentissement médiatique dans notre pays[1]. Mais il ne se passe pas un mois à travers le monde sans que le terrorisme, particulièrement celui organisé par Daech, ne fasse de morts ou de blessés. Certains tiennent les comptes des attaques terroristes meurtrières. Ils en dénombrent pas moins de 54 pour la seule année 2016.

Voilà ce qu’est le « terrorisme ».

Aussi, quand des éditorialistes accusent les syndicats de « prendre les Français en otage », quand ils parlent de « terrorisme social », quand ils comparent la CGT à Daech, on est en droit de leur demander si les mots et les morts ont encore un sens pour eux. Quelle est la folie qui prend à ceux qui écrivent ce genre d’inepties pour oublier que le terrorisme signifie aujourd’hui la mort de milliers de personnes à travers le monde ? Comment osent-ils comparer l’action syndicale légitime de centaine de milliers de personnes opposés à un texte imposé de force à l’action terroriste meurtrière d’une organisation comme Daech ?

Bien au contraire de ce qu’écrivent quelques éditorialistes abrutis par le pouvoir que leur donne leur capacité à dire n’importe quoi sans être jamais sanctionnés, les syndicalistes sont des gens qui ont à souffrir de leur action. Ainsi les trois militants CGT blessés à Vitrolles par un conducteur de camion qui voulait forcer un barrage. Ainsi le militant CGT grièvement blessé à Fos-sur-Mer par un automobiliste et tombé dans le coma.

Non, les syndicalistes ne sont pas des terroristes. Et parfois même, les premiers sont les victimes des seconds. Ainsi au Bataclan. Deux syndicalistes ont perdu la vie. L’une de la CFDT, l’autre de la CGT.

Voilà ce qu’est le « terrorisme ».

Alors, éditorialistes de tous poils, foutez-nous la paix ! Réfléchissez aux mots que vous utilisez. Ne les employez pas à la légère. Ils ont un sens. « Terroriste » est synonyme d’« assassin », de « meurtrier », de « fou dangereux ». N’employez ce mot que pour qualifier ceux qui le méritent vraiment. Cessez de stigmatiser l’action légitime des syndicalistes, cessez de vous en prendre au droit de grève des travailleurs, cessez de comparer ceux qui luttent pour l’intérêt général à ceux qui tuent et qui massacrent aveuglément. Vous devez cette décence et ce respect à la fois aux syndicalistes et aux proches des victimes tuées par des terroristes.

Le pouvoir d’avoir une tribune quotidienne dans les médias n’autorise pas tout. Au contraire. Il donne un devoir d’exemplarité. Éditorialistes, si vous avez un cœur, un cerveau ou les deux, essayez – au moins pour quelques jours – de vous en servir un peu. Ça fera beaucoup de bien à tous ceux qui sont équipés de ces deux organes. Et qui les utilisent régulièrement.

[1] Je passe très vite sur le tropisme « occidentalo-centré » des médias en matière de terrorisme. Cette question mériterait un article à part entière compte tenu du fait que l’essentiel des meurtres perpétrés par Daech et d’autres organisations terroristes se produisent sur les continents asiatique et africain – et frappent d’abord des musulmans.

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À propos de Antoine Léaument

Fondateur de la chaîne YouTube et du site « Le Bon Sens ». Responsable de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon.

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