49.3 : Macron est responsable du chaos

Invité en direct sur BFMTV, Antoine Léaument, député de la France insoumise, réagit à l’engagement de responsabilité du gouvernement sur le budget. Face aux accusations du Premier ministre qui renvoie la crise politique à l’opposition, il défend la position des insoumis et recentre le débat sur la question centrale : qui doit payer pour la crise budgétaire actuelle. Dans cette interview, il assume un affrontement politique clair autour de la justice fiscale, de la responsabilité du Parti socialiste et des limites institutionnelles de la Ve République.

Dès le début de l’échange, Antoine Léaument rejette la tentative de stigmatisation de l’opposition. Il affirme que la France insoumise a mis sur la table le vrai débat budgétaire : la répartition de l’effort. Selon lui, les riches ne paient pas leur juste part d’impôts, et la charge repose aujourd’hui de manière injuste sur l’ensemble de la population. Il s’appuie sur les travaux de la commission des finances, rappelant que le système fiscal devient dégressif pour les plus hauts revenus, ce qui contredit frontalement le principe d’égalité inscrit au fronton de la République.

Il critique la stratégie économique du macronisme fondée sur le ruissellement, qu’il juge totalement inefficace. Après des années de cadeaux fiscaux accordés aux plus fortunés, l’État s’est appauvri tandis que les Français subissent l’augmentation du coût de la vie, que ce soit dans l’alimentation ou l’énergie. Pour Antoine Léaument, la situation budgétaire actuelle est le résultat direct de ces choix politiques et non d’un excès de dépenses publiques.

Interrogé sur les appels à faire des économies massives, il pose une question simple : où couper davantage ? Il rappelle que l’hôpital, l’éducation et les services publics sont déjà exsangues. Réaliser des économies de plusieurs dizaines de milliards d’euros reviendrait, selon lui, à organiser une privatisation généralisée du pays, perspective à laquelle la France insoumise s’oppose fermement.

La discussion se concentre ensuite sur la motion de censure annoncée par la France insoumise et le Rassemblement national, et sur le refus du Parti socialiste de censurer le gouvernement. Antoine Léaument estime que le vote du budget est l’acte politique qui distingue clairement majorité et opposition. En refusant la censure, le Parti socialiste fait, selon lui, un pas concret vers la majorité macroniste, en contradiction avec le programme sur lequel il a été élu.

Il rappelle la succession de « lignes rouges » posées puis abandonnées par les socialistes : d’abord le refus du 49.3, puis l’exigence d’une taxe Zucman, ensuite une version édulcorée de cette taxe, jusqu’à accepter finalement un budget d’austérité sans censure. Antoine Léaument y voit une logique de renoncement progressif qui aboutit à soutenir de fait le gouvernement.

Face à l’incertitude politique, il souligne que la décision d’un éventuel changement de gouvernement ou d’une dissolution appartient à Emmanuel Macron, dont il critique la pratique du pouvoir. Il réaffirme cependant la ligne de la France insoumise : respecter le programme et les engagements pris devant les électeurs, même lorsque cela a un coût politique. « On est là pour servir, pas pour se servir », rappelle-t-il.

En conclusion, Antoine Léaument élargit le débat à une critique institutionnelle. Pour lui, la possibilité de faire passer un budget en force révèle l’impasse démocratique de la Ve République. Il appelle à une VIe République dotée de nouveaux outils démocratiques, comme le référendum d’initiative citoyenne révocatoire. Selon lui, si un tel mécanisme existait aujourd’hui, le responsable du chaos politique actuel serait directement sanctionné : Emmanuel Macron.

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