Dans ce débat télévisé, Antoine Léaument, député La France insoumise de l’Essonne, intervient aux côtés de Nicolas Chabanne, fondateur de la marque C’est qui le patron, et d’un représentant de la droite, autour de trois sujets : la fiscalité des entreprises et le financement du modèle social, la question du salaire brut opposée à la TVA sociale, et la déclaration de Jean-Luc Mélenchon sur le voile islamique.
Sur la fiscalité des entreprises, Antoine Léaument dénonce une injustice flagrante : les petites entreprises, comme la boulangerie de quartier, payent facilement 25 % d’impôts sur leurs bénéfices, tandis que des multinationales comme Total utilisent des jeux comptables pour déclarer zéro bénéfice en France et donc zéro impôt. Il rappelle le cas de Total, qui affichait des pertes sur le raffinage français tout en faisant payer aux consommateurs des prix croissants à la pompe. La solution est simple : imposer les entreprises sur les bénéfices réellement réalisés en France, pas ailleurs. Dans ce cadre, il défend une fiscalité progressive sur les entreprises : les PME paieraient moins d’impôts qu’aujourd’hui, tandis que les grandes entreprises acquitteraient leur juste part. Nicolas Chabanne, de son côté, plaide pour davantage de transparence sur l’usage de l’argent public, citant l’exemple de la brique de lait C’est qui le patron — la marque nouvelle la plus vendue en France depuis dix ans, devant Coca, à 130 millions d’unités par an — dont le succès tient à ce que les consommateurs savent exactement où va chaque centime.
Sur la question du salaire brut contre la TVA sociale, l’échange est vif. Antoine Léaument défend l’augmentation du salaire brut : quand on augmente le SMIC, on provoque une augmentation générale des salaires, ce qui fait rentrer davantage de cotisations dans les caisses de la sécurité sociale, de l’assurance chômage et des retraites. C’est un modèle vertueux qui répond à la fois aux questions de pouvoir d’achat et au financement des politiques sociales. Il s’oppose frontalement à la proposition de TVA sociale, qu’il rebaptise TVA anti-sociale : celle-ci consiste à financer des réductions de cotisations non pas par des recettes nouvelles mais par de la TVA, ce qui diminue les cotisations et fragilise la protection sociale. Il défend par ailleurs le retour au 100 % Sécu, qui coûterait moins cher aux salariés que le système actuel de mutuelles, devenu selon lui un impôt privé obligatoire.
Sur la déclaration de Jean-Luc Mélenchon reconnaissant avoir changé d’avis sur le voile — qu’il qualifiait en 2010 de signe de soumission patriarcale —, Antoine Léaument approuve cette évolution. Il explique avoir lui-même partagé cette vision dans sa jeunesse militante, avant de la réviser : quand des jeunes femmes portant le voile sont politiquement engagées et progressistes sur de nombreux sujets, en quoi cela constituerait-il un problème ? Il rappelle le contexte français : cet été, des femmes se sont faites cracher dessus en buvant un verre en terrasse. La pression exercée sur les femmes musulmanes en France est réelle. Sur la comparaison avec l’Iran, il répond que dans ce pays c’est l’inverse qui est imposé, et que le signal de liberté est donc d’enlever le voile — ce qui ne dit rien sur ce qu’est la liberté en France. Il conclut que vouloir interdire le voile, c’est faire courir les policiers après des femmes voilées plutôt qu’après des pédocriminels ou des voleurs.
