Invité sur un plateau d’information, Antoine Léaument, député de la France insoumise, s’exprime longuement sur l’affaire Epstein et sur la nécessité, selon lui, d’un traitement politique sérieux de ses ramifications françaises. Il défend la création d’une commission d’enquête parlementaire transpartisane afin d’éclairer les zones d’ombre révélées par la publication massive de documents aux États-Unis, tout en appelant à la prudence face aux amalgames, aux théories complotistes et aux accusations infondées.
Dès le début de l’échange, Antoine Léaument précise qu’il n’est ni juge ni procureur et qu’il ne lui appartient pas de trancher sur la culpabilité des personnes citées. Il constate toutefois que de nombreuses personnalités françaises apparaissent dans les documents Epstein et que, contrairement à d’autres pays, le traitement médiatique français a d’abord été limité. Il se félicite que la situation évolue, mais estime indispensable un traitement politique complémentaire, via une commission d’enquête capable de travailler sereinement et collectivement.
Il explique que cette commission ne se substituerait en aucun cas à la justice, mais pourrait se pencher sur des éléments relevant de la vie politique, notamment les questions de financement politique évoquées dans certains échanges de mails. Il rappelle que Jeffrey Epstein était impliqué dans des crimes graves de pédocriminalité et de traite des êtres humains, et insiste sur un point essentiel : un travail parlementaire sérieux peut aussi contribuer à faire émerger la parole de victimes qui ne se seraient pas encore exprimées.
Antoine Léaument met en garde contre un danger majeur : la confusion entre le volet criminel et le simple fait d’apparaître dans des échanges de mails. Il rejette fermement toute logique consistant à transformer automatiquement des personnes citées en coupables. Selon lui, le rôle d’une commission d’enquête est précisément d’éclaircir, de contextualiser et de distinguer les faits, afin d’éviter les accusations gratuites et la stigmatisation.
Il détaille ensuite la nature des documents disponibles : emails, SMS, billets d’avion, documents judiciaires américains. Il évoque les échanges entre Jeffrey Epstein et Jack Lang, notamment autour de projets culturels ou de voyages, en soulignant qu’aucun élément ne lie Jack Lang au volet pédocriminel de l’affaire. Il rappelle également que l’un des mails les plus commentés, évoquant des thèmes sensibles, est présenté par Jack Lang comme un projet de scénario, et souligne qu’aucune photo ni présence de ce dernier sur l’île d’Epstein n’a été établie.
Antoine Léaument élargit l’analyse à d’autres figures citées dans les documents, comme Cédric Villani ou Bruno Le Maire, en appelant à la plus grande prudence et à une vérification rigoureuse des faits. Il insiste sur le risque de faux documents, facilité par l’IA générative, et sur la nécessité d’un travail journalistique et parlementaire méthodique pour éviter les dérives complotistes, y compris antisémites.
Il revient également sur la dimension internationale de l’affaire, évoquant les conséquences politiques au Royaume-Uni, en Norvège ou aux États-Unis, où plusieurs responsables ont dû s’expliquer publiquement, démissionner ou accepter de témoigner sous serment. Pour lui, l’ampleur mondiale du réseau Epstein justifie d’autant plus un travail sérieux en France, à la hauteur des enjeux démocratiques.
Enfin, Antoine Léaument répond à une accusation personnelle portée sur les réseaux sociaux. Il la qualifie d’extrêmement grave, affirme n’avoir jamais eu de comportement déplacé envers une personne mineure et invite à produire des preuves vérifiables ou à saisir la justice. Il rappelle la nécessité de croire les victimes, tout en soulignant qu’une accusation publique doit s’appuyer sur des faits établis. Il conclut en réaffirmant son objectif : faire émerger la vérité collectivement, sans polémique, dans le respect des victimes, du droit et de la démocratie.
