Antoine Léaument dans Dimanche en politique

Invité de l’émission Dimanche en politique sur France 3 Paris Île-de-France le 14 décembre, Antoine Léaument, député de La France Insoumise, participe à un débat consacré à l’explosion du trafic et de la consommation de stupéfiants. Cannabis, cocaïne, ecstasy : jamais les drogues n’ont été aussi accessibles, avec une ubérisation du trafic qui complique l’action des forces de l’ordre et banalise l’acte d’achat. Face à ce constat, Antoine Léaument défend une approche globale fondée sur la santé publique, la prévention et la lutte contre les réseaux criminels.

Dès le début de l’échange, il rappelle que la hausse spectaculaire de la consommation, notamment de cocaïne, révèle l’échec des politiques actuelles. Malgré des milliards d’euros de chiffre d’affaires, l’État n’arrive ni à réduire la production internationale, ni à empêcher l’entrée des drogues sur le territoire, faute de moyens suffisants pour les douanes, les scanners et la lutte contre la corruption dans les ports et les aéroports. Il insiste surtout sur l’incapacité à faire tomber les têtes de réseau et à s’attaquer efficacement au blanchiment d’argent.

Antoine Léaument souligne que le grand absent du débat reste la question de la consommation. Tant que la demande augmente, le trafic prospère. Il rappelle que la toxicomanie traverse désormais toutes les catégories sociales et professionnelles, souvent en lien avec le stress, la précarité ou la dégradation des conditions de vie. Pour lui, il est illusoire de croire que des opérations policières ciblant les points de deal suffiront, puisque ceux-ci sont remplacés par des livraisons à domicile ou déplacés ailleurs.

Il défend une vision claire : la consommation de stupéfiants est avant tout une question de santé publique. Il compare la situation à celle de l’alcool, drogue légale pour laquelle des politiques de prévention ont permis de faire reculer les usages. Il plaide pour des campagnes d’information massives, dès le plus jeune âge, afin de prévenir l’entrée dans la consommation, et insiste sur la nécessité de mieux faire connaître les risques, notamment les dangers de la cocaïne, de sa consommation croisée avec l’alcool, ou encore des drogues émergentes comme le fentanyl, déjà responsable de dizaines de milliers de morts aux États-Unis.

Sur la question du crack, Antoine Léaument décrit une drogue particulièrement destructrice, marquée par une addiction quasi immédiate, l’absence de traitements de substitution et une forte désocialisation. Il refuse toute approche uniquement répressive à l’égard de personnes plongées dans une grande précarité sanitaire et sociale. Selon lui, déplacer les lieux de consommation sans agir sur les causes revient à déplacer le problème, sans jamais le résoudre.

Il revient ensuite sur les propositions issues de son rapport parlementaire. Concernant la dépénalisation, il explique qu’il s’agit de rediriger les consommateurs interpellés avec de petites quantités vers des structures de prévention et de soins, plutôt que vers des amendes ou des tribunaux. Sur la légalisation encadrée du cannabis, il défend une mesure permettant à la fois de retirer une partie des revenus aux trafiquants, de renforcer la prévention auprès des jeunes et de libérer du temps policier et judiciaire pour lutter contre les trafics organisés.

Enfin, Antoine Léaument insiste sur le manque criant de moyens dédiés à la sortie des addictions. Il décrit une chaîne de soins insuffisamment financée, avec trop peu de lits, des délais d’attente importants et un suivi défaillant, favorisant les rechutes. Pour lui, seule une politique cohérente combinant prévention, soins, accompagnement social et lutte contre les réseaux criminels permettra de répondre durablement à un phénomène qui touche désormais l’ensemble de la société.

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